Sur la paracha Noah, Rabbi Its'hak interroge Rabbi Chimon Bar Yohaï sur un verset qui semble accuser la terre elle-même d'avoir fauté avant le déluge, alors que la faute revient aux hommes. Rachbi répond que si les hommes ont corrompu leur voie, ils ont par là même rendu la terre elle-même impure : la terre n'a pas de statut propre de pureté ou d'impureté, elle reçoit celui que les hommes lui impriment.
Reste une question plus difficile : le Zohar affirme que « le principe de la terre, ce sont les hommes », comme si la terre n'existait que par et pour l'homme — au point qu'une faute humaine entraîne nécessairement sa chute avec elle. La faute la plus grave identifiée par le Zohar est le refus de procréer, qui rompt le principe même de continuité du monde. Le Zohar analyse ensuite pourquoi le châtiment prend la forme des eaux plutôt que du feu : parce que la faute a consisté à séparer les forces supérieures des forces inférieures (le masculin et le féminin, symbolisés par les lettres du Tétragramme), c'est par une séparation analogue — les eaux d'en haut et d'en bas se déchaînant ensemble en eaux brûlantes — qu'ils sont punis, mesure pour mesure.
Le cours se conclut sur une anecdote rapportée par le Zohar : des sages trouvant, dans les montagnes, des ossements géants de la génération du déluge, qui avaient tenté en vain de boucher de leurs pieds les sources jaillissantes avant de succomber à leur chaleur — signe, conclut le texte, de leur refus explicite de reconnaître Dieu malgré leur puissance.

