Ce cours porte sur un passage du Zohar de Béréshit qui évoque trois catégories de personnes qui, sans le vouloir, causent leur propre malheur. Michaël Sebban indique que ce texte trouve un développement plus complet dans la paracha Pin’has, à propos des sacrifices, mais qu’il apparaît ici en lien avec le commandement du Shabbat. Le Zohar cite d’abord celui qui se maudit lui-même et celui qui jette du pain, avant de s’attarder sur un troisième cas, plus complexe : celui qui allume une flamme à la sortie du Shabbat, avant que la communauté n’ait récité la Kedousha de Sidra qui suit la prière du soir.
Le cours explique pourquoi ce geste, en apparence anodin puisque Shabbat est techniquement terminé, est jugé aussi grave que les deux premiers. Le Zohar enseigne qu’il existe, dans les mondes supérieurs, un « Shabbat d’en haut » : même le feu de la Guehinam, réservé à la purification des âmes, s’éteint pendant Shabbat et ne doit se rallumer qu’après la Havdala, au moment de la bénédiction sur le feu. Allumer une flamme avant ce moment revient à précipiter le rallumage de ce feu avant l’heure, ce qui provoque la malédiction de ceux qui s’y trouvent : ils y voient un bouleversement de l’ordre qui aurait dû prolonger encore un peu leur propre repos.
Le Zohar en tire un principe plus large sur la nature du Shabbat : de même qu’on lui ajoute un peu de temps profane à son entrée, il faut également lui en ajouter à sa sortie, par la Kedousha puis la Havdala, avant de laisser les forces et les anges de la semaine reprendre leur place. Bousculer cet ordre, même après l’heure « permise », revient à ne pas avoir compris ce que représente réellement le Shabbat.

