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Zohar Vayéra Lundi – Le mérite qui protège (résumé)

Ce cours s’ouvre sur le verset où les hommes envoyés chez Abraham se lèvent et scrutent en direction de Sodome. Rachi note que ce verbe de vision marque toujours, dans la Torah, un regard tourné vers le malheur. Le Zohar pose alors un principe général : Dieu ne dirige jamais le monde par un jugement de rigueur (dyn) sans avoir fait précéder, en temps de paix (shalom), un mérite destiné à protéger celui qu’il aime.

Pour illustrer ce principe, le Zohar reprend l’histoire talmudique de la fille de Rabbi Akiva, sauvée d’un serpent caché dans sa coiffe le jour de son mariage grâce à l’aumône discrète qu’elle avait faite ce jour-là sans y songer : le mérite accompli en temps de paix laisse une marque, un fil tiré du côté droit, que le destructeur ne peut effacer au moment du jugement. Le Zohar explique ensuite pourquoi c’est précisément la tzedaka, et non une autre mitzvah, qui joue ce rôle : contrairement aux autres commandements, qui se pratiquent en public et pour eux-mêmes, elle seule doit rester anonyme et elle seule peut même être accomplie dans un intérêt personnel sans perdre sa valeur, ce qui en fait, selon le verset des Proverbes, la seule mitzvah « insoluble », capable de traverser le passage du temps de paix au temps de rigueur.

Appliqué à l’histoire d’Abraham, ce principe explique pourquoi Loth a pu être sauvé de la destruction de Sodome : ni par son propre mérite ni par celui des Égyptiens, mais uniquement par celui d’Abraham, qui avait nourri peu avant les trois anges envoyés chez lui. Le Zohar relève une divergence avec Rachi : pour ce dernier, Dieu se souvient qu’Abraham a protégé Sarah face à Loth en Égypte ; pour le Zohar, Dieu se souvient plutôt de l’hospitalité offerte aux anges. Dans les deux cas, l’enseignement reste le même : le remède précède toujours la maladie, mais il faut apprendre à remonter le fil pour le reconnaître après coup.

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