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Zohar Lekh Lekha Mardi — L’exil qui révèle la Chekhina cachée dans le couple (résumé)

Ce cours part d’un passage de la parashah Lekh Lekha (Bereshit, chapitre 12) : une famine pousse Avram à quitter Israël pour l’Égypte, et en chemin il dit à Saraï qu’il sait désormais qu’elle est belle. Le Zohar refuse de lire cet épisode au premier degré, comme un simple récit de couple cherchant à échapper au danger : pour lui, chaque mot de la Torah appelle une lecture intérieure. La question posée est double : pourquoi Avram, marié depuis des décennies, découvre-t-il seulement maintenant la beauté de sa femme, et pourquoi en entrant en Égypte ?

Le cours part du verbe qui ouvre le verset, qui signifie « rapprocher » plutôt que « s’approcher ». Rabbi Elazar relie ce terme à un passage de Chemot où Pharaon, en poursuivant les enfants d’Israël, les rapproche malgré lui de Dieu par la prière née de leur peur ; ici, c’est Avram qui se rapproche de Dieu, ce qui lui ouvre une perception nouvelle. Rabbi Yehouda ajoute que ce départ, fait sans ordre divin, indique déjà la direction du futur exil d’Israël en Égypte, sans en être la cause. Vient ensuite le cœur du cours, la beauté nouvellement perçue de Saraï, éclairée de plusieurs manières : l’exil dévoile ce que la pudeur tenait caché entre eux ; l’épreuve du chemin affaiblit Avram alors que Saraï demeure intacte, signe que l’exil n’a pas prise sur le féminin, associé à la Chekhina ; et surtout, Avram perçoit la Chekhina unie à sa femme, d’où le nom de « sœur » qu’il lui donne, lien d’égalité rattaché à Hokhma, plus stable que le lien conjugal.

Le Zohar conclut sur le verset suivant, où Avram demande à Saraï de se présenter comme sa sœur afin qu’il lui en arrive du bien et que son âme vive grâce à elle. La formule est lue comme l’union d’un principe masculin, Dieu, et d’un principe féminin, d’où descend une bénédiction : c’est en associant masculin et féminin qu’un homme accède au chemin de la vie. L’enseignement retenu est que l’exil, loin d’être une simple épreuve, devient l’occasion d’un rapprochement intérieur qui fait voir autrement le couple, désormais perçu comme porteur de la présence divine.

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