Sur la paracha Metsora, le Zohar se demande pourquoi c'est Aaron le Cohen, et non un médecin, qui est au centre du traitement du metsora (l'affection de la peau) — signe que l'affaire n'est pas de nature médicale. Pour comprendre le rôle d'Aaron, le Zohar compare sa fonction à celle de Moshe, à partir du verset d'ouverture du Lévitique : « Vaïkra el Moshe » (il appela Moïse) puis « Vaïdaber Hashem elav » (Hashem lui parla) — deux verbes distincts qui suggèrent deux interlocuteurs successifs. Le petit alef de « Vaïkra » indique, selon le Zohar, que c'est d'abord la Chekhina (la présence divine résidant dans le Michkan) qui appelle Moïse, avant que Hashem Lui-même ne lui parle.
Cette distinction ouvre la question centrale : qui, de Moshe ou d'Aaron, est supérieur ? Le Zohar répond par une parabole : Moshe est le « chouchvin » (l'entremetteur, le garçon d'honneur) du roi, tandis qu'Aaron est le chouchvin de la reine (Matronita), la Chekhina. Chargé par le roi de veiller sur la reine, Aaron réside en permanence dans le palais — le Michkan est sa demeure —, alors que Moshe n'y est reçu qu'en invité, le temps de recevoir la prophétie. C'est Aaron, en tant que gardien attitré de la demeure royale, qui est responsable de son maintien en pureté ; c'est pourquoi, développe le Zohar en s'appuyant sur la figure de Malki-Tsédek, la fonction de Grand Prêtre (Cohen Gadol) lui revient.
C'est cette responsabilité de gardien de la pureté du palais qui explique, conclut le Zohar, pourquoi la purification du metsora passe nécessairement par Aaron et non par un tiers : lui seul a la charge de préserver la demeure divine de toute impureté. Le cours souligne enfin qu'il ne peut y avoir de prophétie sans purification préalable — Moïse lui-même, lorsqu'il est invité dans le Michkan, dépend de cet ordre établi par Aaron.

