Ce cours porte sur le début de la paracha Vayéra, au moment où le Zohar s’apprête à aborder la destruction de Sodome. Michaël Sebban part d’une question de fond : Dieu ayant promis à Noé de ne plus jamais détruire l’humanité, comment expliquer qu’il intervienne encore, en détail, dans les affaires des hommes ? Le point de départ est un verset du livre de Job décrivant le regard que Dieu porte sur la terre d’un bout à l’autre, verset que le Zohar utilise pour interroger le sens même du mot voir dans la Torah.
Le cours détaille les différents verbes hébraïques de la vision, regarder, observer, scruter, pour montrer qu’ils ne désignent pas un simple constat neutre mais un échange réel : ce que l’on regarde reçoit une influence de ce regard, et Dieu, en voyant le monde, lui transmet continuellement un influx qui le maintient en vie. Cette idée rejoint le débat classique, notamment autour de Maïmonide, entre une providence générale, qui se contenterait de surveiller le monde dans ses grandes lignes, et une providence particulière, selon laquelle chaque détail de chaque existence est suivi individuellement. Le Zohar tranche sans ambiguïté en faveur de cette seconde lecture : rien n’échappe au regard divin, y compris ce qui semble relever du libre arbitre de l’homme.
En s’appuyant sur l’enseignement du Ramhal dans Daat Tevounot sur les erreurs fondamentales concernant l’unité de Dieu, le cours rappelle que même les événements qui semblent naturels ou laissés au hasard obéissent à cette providence constante, un miracle n’étant pas une rupture de l’ordre naturel mais un instant où ce voile se lève et révèle ce qui était déjà à l’œuvre en permanence. C’est cette conscience d’une providence de tous les instants, portée en premier par Abraham, qui prépare à comprendre pourquoi Sodome, malgré la promesse faite à Noé, sera bel et bien détruite.
