Le cours part de la comparaison entre la prière du soir de semaine et celle du vendredi soir, dans la seconde bénédiction qui suit le Chema Israël. En semaine, cette bénédiction se termine par « Chomer et amo Israël », qui protège Son peuple Israël ; le vendredi soir, elle se termine par « Poress soukat chalom », qui étend une tente de paix. Le Zohar, sur ce texte tiré du Folio 48a, se demande pourquoi on ne demande plus explicitement à être protégé le soir du Shabbat.
Le Zohar répond que dès l’entrée de Shabbat, une tente de paix se dépose et recouvre le monde, faisant automatiquement reculer les esprits impurs et les forces du mal, qui n’ont plus accès au monde le temps de ce jour saint. Cette protection n’est donc plus demandée en semaine parce qu’elle n’est plus nécessaire à ce degré : elle est remplacée par un abri d’un ordre supérieur, lié au degré de la mère, la sefira de Bina, qui couvre de tous côtés. Le cours souligne que ce phénomène, bien que présenté comme automatique, requiert malgré tout une action de notre part : il faut inviter cette tente et s’y relier, de même qu’il faut sanctifier le jour lui-même, pour que sa protection s’exerce réellement sur nous et pas seulement sur son lieu propre, Jérusalem.
Le Zohar conclut que la prière de semaine est une demande de ce qui manque, tandis que la prière du Shabbat est une demande de participation à ce qui existe déjà. Le cours illustre cette différence par l’ordre des mots de la bénédiction, sur nous, sur Israël, puis sur Jérusalem, qui indique que le fidèle demande d’abord à entrer sous cette tente avant qu’elle ne s’étende, depuis son lieu propre, sur le reste du peuple.

