Ce cours du Zohar, tiré du texte de Hoq Lé-Israël pour le mardi de la parasha Vayishlah, part d’une question posée dès le rêve de l’échelle au début de Vayétsé : pourquoi ce rêve, où des anges montent et descendent, ne semble-t-il rien révéler de personnel sur Jacob, alors que tous les autres rêves de la Torah concernent directement celui qui les fait ? Le Zohar répond que l’échelle, c’est Jacob lui-même, et que les anges montent et descendent par lui. Tant qu’il est seul, au début de Vayétsé, il ne fait qu’en rêver ; vingt et un ans plus tard, une fois fondées les douze tribus, il les voit réellement et les a désormais à son service, d’où sa capacité, en ouverture de Vayishlah, à envoyer lui-même quatre cents anges en éclaireurs vers son frère Essav.
Le cours s’attarde ensuite sur un verset précis : les anges reviennent annoncer qu’Essav vient à sa rencontre avec quatre cents hommes, et Jacob, pourtant maître de sa propre armée céleste, est saisi de peur. Le Zohar refuse d’y voir une inquiétude ordinaire : si les anges savaient déjà que tout se passerait bien, c’est que cette peur a été volontairement suscitée pour pousser Jacob à prier. Le texte explique alors, à travers la figure de l’ange Sandalphon qui rassemble les prières d’Israël, la différence entre la prière individuelle et la prière collective : réunies en un même paquet, les multiples nuances de dix orants ou plus se totalisent en une seule couronne, alors qu’une prière isolée ne résonne que d’une seule note. Jacob, explique le Zohar, possède en lui-même ce degré de totalisation, un klal, au même titre que l’étude approfondie de la Torah, de sorte que sa prière individuelle produit à elle seule l’effet d’une prière collective, bénéfique bien au-delà de son propre sort face à Essav.
Le cours se referme sur le verset associant la Torah à la longueur des jours, où le Zohar relève un glissement grammatical du masculin au féminin pour signifier que ce degré n’allonge pas seulement la durée mais l’intensité de la vie : comme un accord qui fait résonner plusieurs notes à la fois plutôt qu’une seule, la prière ou l’étude capables de rassembler cette multiplicité relient un instant présent à tous les autres instants, et donc ce monde-ci au monde qui vient. La leçon invite ainsi à toujours inscrire sa propre demande dans une intention collective plutôt que de la formuler seul.

